La légende de l’âne de Saint Vincent
Un jour, saint Vincent s’arrête au bord d’une vigne pour papoter avec les vignerons du coin. Pendant qu’il bavarde, son âne, qui crevait de faim, se sert au buffet : il engloutit les jeunes pousses de quelques ceps. Furieux, les vignerons chassent le saint et sa bête à coups de houe.
Vilain tour, diriez-vous. Sauf que l’année suivante, surprise : les ceps grignotés ont produit le double de raisins. L’âne venait d’inventer la taille de la vigne, rien de moins que la plus grande découverte ampélographique jamais faite entre deux brins d’herbe. Les vignerons, un peu honteux, firent du saint leur patron... l’âne, lui, n’a jamais touché de royalties.
Même histoire en Touraine, mais avec l’âne de saint Martin, qui s’est occupé du cep auquel il était attaché. D’où le proverbe : « il y a plus d’un âne à la foire qui s’appelle Martin ».
Pour la petite histoire, une bonne trentaine de saints veillent au chevet de la vigne (Urbain, Victor, Vernier, Didier, Martin, Morand... un vrai concours de patronage). Mais à Chécy, c’est Vincent qui a gagné, grâce à son âne et à un bon calendrier : sa mort, le 22 janvier, tombe pile à la fin du repos hivernal de la vigne.
Un saint sympa, un âne gourmet et un timing parfait, que demander de plus ?