Les cépages du conservatoire

Seyve-Villard : le cépage qui rêvait d’être un grand cru

Grappe de Seyve-Villard
Feuille de Seyve-Villard

Origine :

Sorti des éprouvettes de la Maison Seyve-Villard dans la Drôme, ce croisement franco-américain entre Chancellor et Seibel 6905 rêvait de gloire. Il voulait sauver la viticulture, il a rempli les cuves des années 60 avant de finir en note de bas de page du catalogue officiel.

Description :

Grappe moyenne, compacte, baies noires-bleutées avec une peau très épaisse. Chair juteuse mais goût d’herbe du dimanche — il a le look d’un vin de caractère, mais l’âme d’un smoothie vert.

Culture :

Ne craint ni le mildiou, ni la taille longue, ni les remarques désobligeantes. Il repousse après la gelée comme si de rien n’était, mais reste sensible à la pourriture grise, son seul point faible.

Vinification :

Donne un vin rouge costaud, bien coloré, avec une astringence qui décape les papilles. L’équivalent vinicole du papier de verre grain 120 : il monte vite à la tête, mais pas au cœur.

Statut et interdiction :

Autrefois star des hybrides avec 30 000 ha en France, aujourd’hui relégué au musée des cépages oubliés. Toujours toléré mais plus vraiment invité — un peu le punk à chien du vignoble français.

Résumé express :

Le Villard noir, c’est le cépage de caractère qu’on garde pour se souvenir des années où la vigne faisait encore peur aux maladies... et au bon goût.

Seyve-Villard

Pieds n° 44 à 51

Vignoble de Seyve-Villard

Cépage noir français issu du croisement entre Chancellor et Seibel 6905, créé par la maison Seyve-Villard dans la Drôme

Vigne rustique à port demi-érigé, vigoureuse et résistante au mildiou, adaptée aux terrains modestes

Grappes compactes, baies bleutées à peau épaisse, chair juteuse au goût herbacé marqué

Donne des vins colorés, riches en alcool et fermes en bouche, souvent astringents et au caractère franc

Autrefois très planté, aujourd’hui presque disparu, il reste le symbole des hybrides tenaces et oubliés